Quelles sont les causes de la protéinurie d'effort ?

22 novembre, 2020
La protéinurie d'effort est l'évacuation des protéines dans l'urine des athlètes. Il s'agit d'un sujet à l'étude depuis des décennies, et qui fait toujours état de recherches. Découvrez-en davantage dans cet article!

Lorsque la concentration de protéines augmente dans l’urine d’un sportif, nous sommes face à un cas de protéinurie d’effort. Il s’agit d’un phénomène temporaire et transitoire qui a été détecté il y a plus d’un siècle en médecine. Que faut-il savoir à ce sujet ?

Les protéines dans l’urine d’un athlète disparaissent après un ou deux jours, et l’effet est bénin. En général, cela n’entraîne pas de complications ni de troubles rénaux significatifs.

Déjà en 1878, le premier record de protéinurie d’effort a été atteint. Ce n’était pas parmi des athlètes, mais dans un groupe de soldats qui furent analysés lors d’une journée d’entraînement. Quelque temps plus tard, les recherches scientifiques se sont poursuivies pour déterminer les dommages réels sur les reins.

Les hypothèses ont varié tout au long de l’histoire. Tandis que certains médecins attribuent la protéinurie d’effort à un traumatisme, d’autres pensent que la cause réside dans un changement de la pression sanguine. De nos jours, l’origine précise n’est toujours pas claire.

Quelles sont les causes de la protéinurie d’effort ?

Le sport entraîne quelques modifications dans le métabolisme et l’hémodynamique. Ces changements non durables comprennent l’apparition de protéinurie d’effort.

Les protéines détectées dans l’urine des sportifs, au sens stricte, ne sont pas différentes de celles que l’on trouve chez certains patients rénaux. Cela ne signifie pas que le phénomène est pathologique chez les athlètes mais plutôt que les substances éliminées sont les mêmes.

Lorsque nous réalisons un exercice intense, le flux sanguin change de direction pour se répartir dans les zones du corps qui en ont le plus besoin. Au lieu de fournir régulièrement tous les organes, le sang irrigue davantage les muscles pendant l’exercice. Cela entraîne une réduction du volume de l’urine selon une étude publiée dans Biology of Sport.

La quantité moindre de sang à filtrer dans les glomérules rénaux altère alors le système rénine-angiotensine, qui intervient dans la pression artérielle. En outre, le sport stimule l’activité du système nerveux sympathique par l’intermédiaire de la noradrénaline.

Analyse d'urine.

En bref, le volume d’urine est moindre, avec une pression sanguine locale plus importante et un effet sympathique. Cela se traduit par un embouteillage rénal où les protéines sont forcées de traverser le filtre et de sortir.

L’effet est presque immédiat: il commence environ 30 minutes après avoir débuté l’activité sportive. Par ailleurs, l’intensité du sport est plus déterminante que le temps. On suppose que des sports comme la boxe ou le football sont plus générateurs de protéinurie d’effort que d’autres.

Le rôle de la cylindrurie

La cylindrurie est un type particulier de protéinurie d’effort. Les cylindres sont des mucoprotéines qui peuvent sortir par le filtre rénal et apparaître dans l’urine des sportifs. Un autre nom plus technique est celui des mucoprotéines de Tamm-Horsfall.

Plus précisément, les marathoniens et les coureurs ont une fréquence plus élevée de cylindrurie parmi les athlètes. Cela serait lié à l’arrêt du flux urinaire pendant de longues heures. Ce qui obligerait certaines protéines à passer par le filtre rénal, changeant alors leur forme en cylindres.

La déshydratation est également un facteur déclencheur. C’est pourquoi, la cylindrurie est associée aux marathoniens qui ne planifient pas correctement leur réapprovisionnement en liquide. Cependant, ces cylindres ne constituent pas un risque en soi. Mais ils sont le signe d’autres modifications internes.

Les sports traumatisants et la protéinurie d’effort

La première hypothèse des petits traumatismes sportifs à l’origine de la protéinurie d’effort ne doit pas être négligée. Rappelons que la boxe est l’un des sports qui présente le plus cet effet.

De plus, il est fréquent que la protéinurie des sportifs exposés à un traumatisme s’accompagne d’hématurie. Autrement dit, de sang dans l’urine. On parle alors de “rein d’athlète” lorsque les deux résultats sont combinés dans une analyse d’urine.

Entraînement de boxe.

Cette condition est sans douleur et le sang détecté est microscopique. La personne ne perçoit donc qu’un obscurcissement de son urine et rien d’autre. Il n’y a pas non plus d’altération du volume de l’urine.

Si l’athlète présente des malformations congénitales dans les voies rénales, il sera plus susceptible de développer une protéinurie par traumatismes. Celle-ci n’est pas liée à une lésion permanente dans l’organe. Les résultats sont généralement transitoires et bénins.

Dois-je m’inquiéter si je souffre de protéinurie d’effort ?

Si l’on a détecté la présence de protéines dans votre urine après un exercice et que vous subissez un contrôle 48 heures plus tard qui n’indique pas de protéinurie, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Vous aurez certainement à revoir l’hydratation pendant la séance, rien de plus.

En revanche, si la protéinurie est persistante, ne disparaît pas ou augmente en concentration au fil des jours, le médecin sollicitera de nouveaux examens. Il faut effectivement chercher une cause. Et le plus probable c’est qu’elle soit liée avec la pratique sportive.

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