Que peut détecter l’électrocardiogramme d’un athlète ?

09 novembre, 2020
L'électrocardiogramme d’un athlète est un sujet de discussion dans le domaine médical, notamment lorsqu'il s'agit d'examens médicaux initiaux pour débuter une activité sportive.

S’il n’existe aucun débat sur son utilisation en cas de symptômes thoraciques, le contraire se produit en cas de bilan de santé.

Nous pourrions supposer qu’il en va différemment dans la mesure où il est fréquent de demander un électrocardiogramme à un athlète pour évaluer s’il peut ou non effectuer l’activité. Toutes les associations médicales ne sont néanmoins pas d’accord avec sa prescription massive.

L’un des problèmes fondamentaux est le rapport coût-bénéfice. En d’autres termes, il existe un doute sur l’utilité réelle de cet examen dans la détection de problèmes graves par rapport à la dépense économique que cela suppose pour tous.

La discussion est d’autant plus vive lorsque d’autres examens, tels l’échocardiographie ou l’ergométrie par exemple, sont également prescrits avec l’électrocardiogramme.

Certains proposent que le contrôle initial préalable à une activité physique se limite à un examen physique et à un entretien détaillé. Un électrocardiogramme ne se prescrirait alors qu’en cas de soupçons cardiologiques.

Indépendamment de cette controverse, nous nous pencherons ci-après sur la pertinence de cet examen ainsi que sur ce qu’il est susceptible de détecter chez un athlète. La mort subite étant ici la préoccupation principale, nous allons commencer par là.

Jeunes athlètes et mort subite

Le nombre de faits révélés par les médias à propos d’un athlète subitement décédé laisse à penser que la fréquence de cet événement soit élevée. La réalité est néanmoins différente. Les athlètes ne décèdent en effet pas plus de mort subite que le reste de la population.

La mort subite est l’arrêt du cœur sans la maladie qui l’explique. C’est un arrêt cardiaque qui survient soudainement, chez des individus apparemment en bonne santé et presque toujours sans avertissements préalables sous forme de symptômes.

Un électrocardiogramme sur un patient.

L’électrocardiogramme d’un athlète tend à identifier à temps d’éventuelles complications coronariennes. Le problème est qu’il est très difficile d’interpréter l’électrocardiogramme d’un jeune athlète afin de prévenir ce risque.

Il est très probable que l’ECG détecte une maladie cardiaque congénitale si elle existe. Mais l’examen ne révélera rien s’il n’y a pas de telles modifications et que le risque est silencieux.

Il est essentiel que le médecin qui réalise l’ECG procède à un examen physique détaillé et à un entretien approfondi. Des tests complémentaires doivent être combinés avec d’autres données pour établir la présence ou l’absence de risque.

Les découvertes les plus fréquentes de l’électrocardiogramme d’un athlète

Les résultats du tracé de l’ électrocardiogramme d’un athlète sont assez communs. Il sera ensuite discuté si ces découvertes sont normales ou non, mais elles tendent à l’être.

La bradycardie sinusale est fréquente chez les athlètes qui maintiennent un entraînement continu, notamment aérobic. Elle consiste en une fréquence cardiaque inférieure à la moyenne correspondant à l’âge.

Un athlète qui s’entraîne peut faire travailler son cœur à 40 battements par minute sans problème. Les pulsations de la population générale oscille en revanche entre 60 et 90 battements par minute. Cela dénote une plus grande efficacité du muscle cardiaque, capable de pomper suffisamment avec moins d’effort.

Une autre découverte courante de l’électrocardiogramme d’un athlète est la repolarisation précoce. Nous considérons la repolarisation au moment où le muscle cardiaque se détend après une contraction. Près de la moitié des athlètes présentent des lignes différentes à la normale sur ce point.

Un médecin cardiologue.

Qu’est-ce qui est normal alors ?

Il est important de comprendre qu’un électrocardiogramme différent à celui de la majorité n’est pas synonyme de maladie. Diverses associations de médecine du sport ont répertorié une série de découvertes pouvant être considérées comme normales si la personne s’entraîne. Il s’agit notamment de :

  • La bradycardie sinusale. Il s’agit de la fréquence cardiaque inférieure à 60 battements par minute.
  • L’onde T négative chez les jeunes. L’onde T de l’électrocardiogramme est généralement positive (vers le haut). Elle peut néanmoins être négative chez les sportifs de moins de 16 ans, sans pour autant causer de problèmes.
  • L’arythmie sinusale. Il s’agit de changements soudains de la fréquence cardiaque en lien avec la respiration.
  • Le bloc auriculo-ventriculaire du premier degré.

L’électrocardiogramme d’un athlète est obligatoire

Au-delà des discussions scientifiques relative à son utilité, la réalisation d’un électrocardiogramme chez les sportifs constitue désormais une obligation légale.

Il est obligatoire dans de nombreux pays pour se présenter à des compétitions et même pour s’inscrire dans les salles de sport. Il est donc nécessaire de former les professionnels de la santé à l’interprétation et à la lecture de cette méthode complémentaire.

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